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Les maîtres du feu et du bronze !

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Réalisation d’un reportage photos pour le magazine 92 Express sur la fonderie Godard à Malakoff, les maîtres du feu et du bronze. Installée à Malakoff, elle reste l’une des toutes dernières fonderies à travailler la fonte au sable et à la cire perdue, dans la pure tradition du métier. Les artistes de renommée internationale, les musées Rodin et Maillol font appels à leur excellence depuis plus de trente ans. Une visite en images chez les derniers seigneurs du bronze et du feu. Textes source 92 Express

 

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Dans la forge de Vulcain! Mis en chauffe depuis la veille, le four à gaz
doit être porté progressivement au point de fusion du bronze pour que la coulée
s’opère. Remuant l’alliage de cuivre – près de 60 % du composé – et d’étain sans
relâche dans une ambiance quasi infernale, le fondeur travaille à la limite du possible
malgré ses protections en amiante…

 

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Si l’origine de la fonderie Godard est mal connue, il semblerait toutefois que l’on doive
le début de cette aventure, au départ sans doute parisienne, à un certain Désiré Godard qui
produisit un certain nombre de bronzes pour des sculpteurs dont Rodin, Carpeaux, Bourdelle
ou Picasso. Son  fils Émile racheta en 1962 à Malakoff l’atelier du fondeur italien Mario Bisceglia,
installé en France au début du XXe siècle et qui travailla régulièrement pour le Dijonnais Henri
Bouchard (1875-1960), décorateur du paquebot Normandie et dont l’Apollon orne la terrasse du
palais de Chaillot. Depuis 1976, C’est Ludovic de Cristofaro qui en préside les destinées. Si elle
travaille principalement pour des artistes et des musées, la fonderie Godard est aussi ouverte à
tout un chacun souhaitant venir y faire couler un bronze dans les règles de l’art.

 

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Dans le chaudron de l’enfer. Préalablement enterrés dans le sol de sable réfractaire qui est

longuement tassé lors de la traditionnelle “danse des fondeurs”, les moules ici de grandes pièces

de plus d’un mètre de haut sont remplis de bronze en fusion. Le moment est crucial car pour obtenir

un rendu impeccable de la surface de la pièce, le bronze doit être à température idéale de fusion

et la coulée faite sans interruption. Dans une chaleur à peine supportable, le creuset d’une

centaine de kilos tenu à bout de bras par l’équipe aux gestes millimétrés libère la pâte crépitante

dont il faut se protéger des projections mortelles. “C’est le moment le plus délicat. Je ne connais pas une

seule fonderie où il n’y ait pas eu de mort lors d’une coulée”, lâche d’une voix

rauque l’un des artisans le dos rompu par l’effort…

 

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Partant du modèle apporté par l’artiste, un premier moule en élastomère est réalisé qui permettra

d’obtenir en passant comme en photo du “négatif” en “positif” à un second moule qui se présente comme

un double de l’original avec un vide central qui est rempli d’un amalgame fait de plâtre, de sable et d’eau.

Étape fondamentale dans ce long processus, le modelage de la cire exige la plus grande minutie

et relève de la sculpture pour éviter les moindres défauts de surface jusqu’à un millimètre

d’épaisseur…et donc des imperfections lors de la fonte.

 

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L’art des patines. Selon les souhaits du commanditaire, il faut à présent réaliser

la patine voulue qui sera évidemment unique. Elle s’obtient en

appliquant au pinceau une couche d’acide qui est à la fois rincée à l’eau et

chauffée au chalumeau. Un art des couleurs, du noir à l’or…

 

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“C’est aussi ce qui fait le prestige de notre maison, ce soin que nous mettons à être

attentif aux souhaits des artistes, à essayer d’être nous-même des artistes”.

 

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Les dernières retouches… Sous le contrôle de l’artiste venu vérifier avec appréhension le

résultat de la coulée, le temps est venu pour l’œuvre de passer entre les mains expertes

du maître ciseleur dont la précision d’orfèvre permet de rectifier les quelques défauts

inévitables et de signer la pièce. Une dernière beauté faite amoureusement

et sans compter son temps : “C’est aussi ce qui fait le prestige de notre maison, ce soin

que nous mettons à être attentif aux souhaits des artistes, à essayer d’être

nous-même des artistes”, confie Djamel ici à l’œuvre.

 

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Le magasin des gloires passées. Située dans les tréfonds de l’atelier, la réserve des moules
constitue la mémoire de la fonderie en même temps qu’un fantastique catalogue à l’éclectisme
déroutant. En règle générale, chaque moule peut servir plusieurs fois pour l’artiste et chaque
épreuve comporte un numéro d’ordre et le chiffre total du tirage.