
Le cimetière bourgeois est l’un des endroits les plus étranges qui se puissent observer dans la région parisienne. C’est une nécropole à étages aux marches écroulées et dont la plupart des tombes sont ruinées. C’est le plus grand rassemblement funéraire de marquis, de généraux et de pairs du Royaume qu’on puisse trouver en France, sans compter les nobles étrangers comme le prince de Hohenlohe ou la comtesse Tolstoï. Il s’agit essentiellement de membres de l’aristocratie qui souhaitaient être ensevelis à proximité du calvaire, malgré le prix élevé des concessions. Cette élite contre-révolutionnaire ne voulait en effet pas se faire enterrer dans les grands cimetières parisiens construits lors de la période napoléonienne, ouverts à tous, qu’importe l’origine sociale ou la religion. C’est le cimetière Nord-Saint-Joseph, qui devient donc un haut lieu de sépulture de la Restauration, concurrençant le Père-Lachaise et le cimetière de Picpus. Abandonné durant une décennie, le mont perd définitivement sa vocation religieuse au début des années 1840, quand la forteresse du Mont-Valérien y est construite, rasant les restes du calvaire. Certaines des pierres tombales ont été abîmées ou détruites par les intempéries, quand d’autres ont été utilisées pour consolider le grand escalier. Une association a cependant pris l’initiative de restaurer quelques tombes et l’herbe autour est régulièrement coupée. Désormais situé dans une enceinte militaire, l’ancien cimetière est de ce fait fermé au public, hormis pendant les Journées européennes du patrimoine, où il est visible mais non visitable. Photos © Didier Raux








