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La Casa Milà, la sculpture habitée

La Casa Mila Barcelone © Didier Raux 20

La Casa Milà à Barcelone, surnommée ironiquement « La Pedrera » (la carrière en catalan), est un immeuble érigé entre 1906 et 1910 par l’architecte catalan Antoni Gaudi. La Casa Milà a été conçue comme un hôtel particulier, c’est une œuvre monumentale du modernisme catalan de la première décennie du xxe siècle, dont Gaudí était le chef de file. Ce fut l’avant-dernier projet conduit par l’architecte qui utilisa ici ses techniques clefs : l’inspiration naturaliste et l’arc caténaire. Malgré l’opposition répétée du conseil municipal à l’édification de ce bâtiment et les moqueries des Barcelonais, la Casa Milà fait partie, un siècle après sa construction, des lieux emblématiques de la ville et des dix sites les plus touristiques de Barcelone. Elle figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Gaudi a gardé le plus spectaculaire pour la fin. De l’intérieur comme de l’extérieur, le toit est une œuvre en lui-même qui synthétise et perfectionne le traitement que l’architecte consacra, dans toute son œuvre, aux éléments de cette cinquième façade. Au-dessus, l’espace au sol carrelé et aux marches dessinées avec soin est aménagé comme une promenade ou un belvédère ouvert sur la ville. Mais bien plus saisissantes que la vue, les sculptures asymétriques, trouées, tarabiscotées, sous lesquelles se dissimulent les cheminées, les bouches d’aération et les sorties des cages d’escaliers peuplent le toit de personnages sortis de récits antiques ou de bandes dessinées d’anticipation. Photos © Didier Raux

 

 

 

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la Casa Milà fait partie, un siècle après sa construction, des lieux emblématiques de la ville et des dix sites les plus touristiques de Barcelone. Elle figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

 

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Le toit est une œuvre en lui-même qui synthétise et perfectionne le traitement que l’architecte consacra, dans toute son œuvre, aux éléments de cette cinquième façade.

 

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 Des guerriers au masque impassible montent la garde, des géants enturbannés dominent l’édifice. Les sculptures asymétriques, trouées, tarabiscotées, sous lesquelles se dissimulent les cheminées, les bouches d’aération et les sorties des cages d’escaliers peuplent le toit.

 

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A l’intérieur, les appartements sont disposés parallèlement aux deux rues, autour d’une cour ronde et d’un patio en ellipse irrégulière d’où partent des escaliers vers les étages, des rampes d’accès vers le sous-sol.

 

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La façade est monochrome et presque austère derrière ses formes généreuses et sensuelles.

 

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La façade ondulante appelle à une vision légère et maritime. Mais la vague est pétrifiée et sa masse contraste avec l’impression de mouvement imprimée à la pierre. Les fenêtres sont toutes de profondeur et de taille différente. Les ouvertures les plus en retrait sont bordées de balcons aux garde-corps forgés par Josep Maria Jujol, inspiré par le fouillis des végétaux ou des algues, motif repris dans les grilles des portes d’entrée. Contrairement à la Casa Battlo (1904-1907), dont la façade entièrement recouverte de disques en céramique et de verre fait de l’œil aux passants, celle de la Pedrera est monochrome et presqu’austère derrière ses formes généreuses et sensuelles. A l’intérieur, les appartements sont disposés parallèlement aux deux rues, autour d’une cour ronde et d’un patio en ellipse irrégulière d’où partent des escaliers vers les étages, des rampes d’accès vers le sous-sol. Dès 1906, l’architecte catalan imagine et réalise sept niveaux sans murs porteurs. La façade de pierres et les voûtes sont maintenues par une résille métallique conçue dans les ateliers de construction navale du port appuyée sur des piliers de pierre et de briques offrant une totale liberté d’aménagement et le respect des perspectives courbes imposées par l’enveloppe du bâtiment. Gaudi signa là sa dernière œuvre « civile ». Il lui manque une pièce maîtresse, une vierge à l’enfant protégée par Michel et Gabriel. Cette sculpture de Mani aurait dû prendre place au-dessus du porche d’entrée. Gaudi tenait à cette statue, indispensable à l’achèvement de son œuvre. Elle déplut aux époux Mila qui la refusèrent. Le différend se termina en procès, remporté par Gaudi. Mais cette querelle brouilla définitivement l’architecte avec les grandes familles de Barcelone. Depuis 1984, la Pedrera est au patrimoine mondial de l’Unesco et protégée. L’immeuble appartient à la Caisse de Catalogne qui l’a restauré pour en faire le siège de sa fondation. L’espace Gaudi installé dans les combles, accessible au public, réunit des dessins, maquettes, photographies et films qui aident à la compréhension de son œuvre.

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