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Les Extatiques 2020

G Les Extatiques 2020 © Didier Raux 15

L’exposition d’art contemporain “Les Extatiques” se visite dans les jardins de La Seine Musicale et sur l’esplanade de Paris La Défense du 26 juin au 4 octobre 2020. Onze artistes investissent l’esplanade de Paris La Défense, du bassin Takis à la Grande Arche, en jouant avec l’architecture unique du lieu. Exposition gratuite dans l’espace public (Esplanade de La Défense), ouverte tous les jours. Pour la première fois, Les Extatiques s’installent à La Seine Musicale, invite six artistes à créer des œuvres sur le toit-jardin de ce nouvel espace culturel. Exposition gratuite dans l’espace public et au Jardin Bellini : ouvert tous les jours de 11 h jusqu’à la tombée de la nuit (juillet : 11 h-22h, août : 11 h-21h, septembre jusqu’au 4 octobre : 11h-20h). Source Paris La Défense – Photos © Didier Raux

 

 

A Extatiques 2020 © Didier Raux 28

Fabrice HYBER – Les amis, 2020

 

À Paris La Défense, l’artiste dissémine des petits hommes et femmes verts dont les orifices corporels déversent des filets d’eau. Ces sculptures-fontaine sont issues d’un travail initié il y a plus de vingt ans à l’occasion d’une commande publique de la commune de Bessines (Deux Sèvres). Depuis L’homme de Bessines a parcouru le monde. Cette incroyable expansion se poursuit aujourd’hui avec l’invasion du bassin Takis par un groupe de sculptures, Les amis, qui expriment, échangent et déversent inlassablement leurs humeurs limpides.

 

 

B Les Extatiques 2020 © Didier Raux 24

 

Yue MINJUN – The Tao Laughter No. 4, 2012

 

À Paris La Défense, l’artiste installe la sculpture The Tao Laughter n°4 (2012). Le titre de l’œuvre est une référence à Tao Tô King, ouvrage fondateur du taoïsme attribué à Lao Tseu (600 avant J.-C.) dans lequel il est suggéré que le rire permet de résoudre les problèmes de société sans douleur ni chagrin pour atteindre la paix intérieure. Faisant références aux cultures chinoise et occidentale, ces sculptures magistrales interpellent et questionnent notre rapport à la société.

 

 

C Les Extatiques 2020 © Didier Raux 23

 Gilles BARBIER – L’œuvre boîte, 2018

 

Ici, l’artiste emprunte aux récits cosmogoniques qui fondent les croyances mélanésiennes ou polynésiennes, comme ceux compilés par Teuira Henry dans ses Mythes tahitiens. L’aileron de requin est à la fois ce qui est caché en partie, ce qui glisse entre deux eaux, ce qui chasse. C’est un élément graphique, cartoonesque, immédiatement reconnaissable et associé au Pacifique. Gilles Barbier transforme ici l’objet du quotidien qu’est l’ouvre boite en requin prêt à chasser l’amateur d’Art et le flâneur sur la grande esplanade de la Défense. Le Banc de Requins se veut ici à la fois ludique et sérieux, séduisant et radical.

 

 

D Les Extatiques 2020 © Didier Raux 21

 Jacques VILLEGLÉ – Écrire peindre ! C’est plus que voir, écrire peindre c’est concevoir – André Salmon, 2020

 

Pour les Extatiques, Jacques Villeglé propose de faire courir le long d’un des escaliers de l’esplanade un grand graffiti blanc en alphabet sociopolitique reprenant une citation inspirée de l’écrivain André Salmon « Écrire! C’est plus que voir, écrire c’est concevoir ».

 

 

E Les Extatiques 2020 © Didier Raux 20

Héctor ZAMORA – ZIG ZAG, 2020

 

E Les Extatiques 2020 © Didier Raux 18

Héctor ZAMORA – ZIG ZAG, 2020

 

Le pavillon ZIG ZAG propose une nouvelle expérience architecturale. Construit avec des briques ajourées en terre cuite, qui donnent de la transparence aux murs, il permet à la brise estivale de s’introduire apportant son souffle. La perméabilité est clé ; le motif visuel des briques multiplie leur effet lorsque les murs se chevauchent, les silhouettes des corps se déplacent à travers ces murs, et les ombres retracent et reconstruisent le motif du sol. C’est une expérience inédite qui rappelle l’architecture moderne des tropiques, et qui, au milieu de l’esplanade de La Défense, incarne une fraîcheur ludique nous invitant à nous détendre et à nous perdre dans ses murs.

 

 

F Les Extatiques 2020 © Didier Raux 16

Carlos CRUZ-DIEZ – Environnement de Transchromie Circulaire, 1965-2017

 

L’Environnement de Transchromies de Carlos Cruz-Diez est une structure circulaire, participative et chatoyante, au cœur de laquelle le spectateur est invité à redécouvrir son environnement naturel ou urbain. Conçue pour être construite in situ et hors les murs, l’œuvre tient compte de la réalité extérieure et la transforme par la soustraction de la couleur grâce aux lamelles transparentes qui se mêlent. Cruz-Diez y déploie une conception singulière de l’abstraction, initiée dès 1969 lorsqu’il élabore son premier « Projet pour un environnement de couleur soustractive».

 

 

 G Les Extatiques 2020 © Didier Raux 13

 

G Les Extatiques 2020 © Didier Raux 15

 Anne CLAVERIE – Arbrabra, 2013

 

Cet arbre mutant est le fruit de l’alliance hybride du pneu et du métal. Il s’enracine avec la force et la vigueur d’un arbre naturel dépourvu de feuilles et transfigure les matériaux industriels dont il est revêtu. Sa peau reptilienne, vivante et inquiétante, intrigue, entre attirance et répulsion.

 

 

J Les Extatiques 2020 © Didier Raux 10

Iván ARGOTE – Strenghtlessness, 2014 – 2020

 

Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, vivement encouragé par le baron Taylor et Jean-François Champollion, offre en 1830, à Charles X et à la France en gage d’amitié, les deux obélisques érigés devant le temple de Louxor. L’un d’eux fut donc retiré et expédié en France (situé sur l’actuelle place de la Concorde à Paris, le 2nd resté à Louxor sera officiellement rendu à l’Égypte par le président François Mitterrand en 1981. En retour de ce présent, Louis-Philippe Ier leur offre en 1845 une horloge en cuivre qui orne aujourd’hui la citadelle de Saladin au Caire, horloge qui n’a cependant jamais fonctionné car elle fut endommagée pendant le transport. 

 

 

L Les Extatiques 2020 © Didier Raux 4

Felice VARINI – Arcs d’ellipses jaunes, rouges et bleus, 2020

 

« L’espace architectural, et tout ce qui le constitue, est mon terrain d’action. Ces espaces sont et demeurent les supports premiers de ma peinture. J’interviens in situ dans un lieu à chaque fois différent et mon travail évolue en relation avec les espaces que je suis amené à rencontrer. En général je parcours le lieu en relevant son architecture, ses matériaux, son histoire et sa fonction. A partir de ses différentes données spatiales et en référence à la dernière pièce que j’ai réalisée, je définis un point de vue autour duquel mon intervention prend forme.

 

 

K Les extatiques 2020 © Didier Raux 1

Matteo NASINI – Screwed Harmonies, 2020

 

Sur le parvis de la Seine Musicale, presque trois mètres de sculpture sonore choisissent le vent comme seul chef d’orchestre. Le vent fait tourner l’hélice au sommet de la structure et engendre le mouvement des sphères ; celles-ci descendent en bas et remontent en haut dans un mouvement continu qui fait écho à la vis infinie de Léonard de Vinci. Au cours de leur chemin, les sphères frappent des tuyaux accordées, en donnant lieu à des sonorités lentes et profondes, qui évoquent des sons de cloches. C’est Screwed Harmonies : une orgue éolienne à percussion. La sculpture donne lieu à un mouvement sans origines, sans fin ; c’est la mise en œuvre d’une dimension temporelle circulaire, potentiellement infinie, en opposition radicale au temps linéaire et artificiel que la plupart de nous habitent : une temporalité sans direction et potentiellement sans orientation, qui mélange proximité et distance.

 

 

M Les Extatiques 2020 © Didier Raux 30

Jeong Hwa CHOI – Breathing Flower, 2019

 

Placées sur le toit et visibles de loin, les pétales de cette immense corolle de 7 mètres de diamètre se meuvent lentement au rythme des impulsions d’air, créant la sensation étrange d’une respiration. L’artiste insuffle la vie comme pour en conjurer la beauté éphémère.

 

 

N Les Extatiques 2020 © Didier Raux 7

Elsa SAHAL – Méandre, 2020

 

Méandre d’Elsa Sahal est une œuvre aquatique. Composée d’une longue circonvolution qui court sur le jardin-toit de la Seine Musicale, elle semble sortie d’un monde invisible, charriée jusqu’à nous par les eaux de la Seine qui l’entourent. À la fois monstre marin et armure, elle évoque une relation ambiguë entre le vivant et l’élément liquide dans lequel elle évolue. Entourée de fleurs aquatiques et de coraux, modelés en terre glaise et émaillés sur lesquels les promeneurs peuvent s’assoir, cette forme hybride s’épanouit-elle en symbiose avec son environnement ou est-elle en lutte face à un terrain hostile?

 

 

P Les Extatiques 2020 © Didier Raux 8

Julie C. FORTIER – Le jour où les fleurs ont gelé, 2020

 

Le jour où les fleurs ont gelé est un bouquet de sept crosses de fougères métalliques qui se déroulent pour révéler de précieuses capsules parfumées en verre et porcelaine poreuse. Certaines molécules utilisées pour la composition des parfums se présentent sous la forme de cristaux. Il s’agit de composer des accords simples de trois ou quatre molécules et de les faire cristalliser à la surface du verre comme le givre sur une fenêtre en hiver. La porcelaine étant poreuse, laisse filtrer doucement les parfums. À l’inverse de la fugacité habituelle du parfum, les capsules tentent de dompter cette volatilité et de la faire durer le plus longtemps possible.

 

 

Q Les Extatiques 2020 © Didier Raux 9