urbanisme

La Grande Borne, une utopie urbaine

Grigny La Grande Borne © D Raux 1527

Construite entre 1967 et 1971 sur des terrains agricoles entre Grigny et Viry-Châtillon, la cité de la “Grande Borne” occupe une place à part dans la construction des grands ensembles des années 1950 à 1973. Pensée et dessinée par l’architecte Emile Aillaud, son originalité rompt avec la monotonie des constructions de l’époque. Mais l’âge d’or des premières années ne dure qu’un temps et face aux difficultés, habitants et pouvoirs publics se mobilisent. Quand les premiers locataires s’installent en 1969 dans les nouveaux logements de la Grande Borne, Grigny n’est alors qu’un gros village rural d’à peine 3000 habitants  à 25 km au sud de Paris. Trois ans plus tard, après la construction de la cité HLM de la “Grande Borne” (3 775 logements) et de la copropriété de Grigny II (5 000 logements), 27 000 habitants résident sur le territoire de la commune. Fruit d’une politique à courte vue, lancée sans concertation, ni réflexion, cette « ville-champignon » imposée par l’État, sans équipements collectifs, ni activités économiques, ni transport, depuis ne cesse de panser ses plaies. Actuellement, l’ensemble de la “Grande Borne”, traverse une grande phase de rénovation. La “Grande Borne” a été labellisé « Patrimoine du XXe siècle » en 2008. Photos © Didier Raux – Texte Mame-Fatou Niang – Source DR – Voir la vidéo en bas de l’article

 

 

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 Cinquante ans plus tard, le rêve d’Émile Aillaud semble s’être effrité, et la cité de la “Grande Borne” s’est embourbée dans la mythologie urbaine française. Elle y rejoint des territoires tels que le Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin, ou la Cité des 4 000 à La Courneuve, territoires dont la seule évocation mobilise un réseau d’images allant de la violence endémique à l’invasion religieuse. La cité est rivée au centre d’une géographie de la peur nourrie par les échecs  des politiques de la ville

 

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Trois quartiers de bâtiments courbes, dont les façades étaient à l’origine revêtues de pâte de verre colorée : le Labyrinthe, le Méridien et les Radars

 

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La Grande Borne est une cité d’habitat social de 3 775 logements (dont 206 individuels) édifiée par l’architecte Émile Aillaud, pour l’Office public HLM interdépartemental de la Région parisienne, sur le territoire des communes de Grigny et Viry-Châtillon dans l’Essone entre 1967 et 1971

 

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 Au début des années 1960, pour les citoyens, retrouver un toit est souvent la principale préoccupation. Bidonvilles, squats, garnis, hôtels meublés, entassement des jeunes ménages chez les parents, dans la région parisienne, la crise du logement touche toutes les catégories sociales

 

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