urbanisme

Fernand Pouillon à Meudon-la-Forêt !

Véritable ville nouvelle, Meudon-la-Forêt offre un cadre composé de grands ensembles ponctués de bassins et de lacs artificiels. La cité des 2625 logements  “à caractère social” de Meudon la Forêt
Apporter Versailles à la banlieue… Un grand ensemble qui ne risque pas d'être rasé. © Photos Didier Raux
Véritable ville nouvelle, Meudon-la-Forêt offre un cadre composé de grands ensembles ponctués de bassins et de lacs artificiels. La cité des 2625 logements “à caractère social” de Meudon la Forêt Apporter Versailles à la banlieue… Un grand ensemble qui ne risque pas d'être rasé. © Photos Didier Raux

Meudon-la-Forêt a été créé sur des terres qui furent de grands domaines agricoles. En 1959, une vaste opération de construction de logements sociaux et d’équipements urbains est lancée. La Société civile immobilière de Meudon-la-Forêt voit le jour la même année. La conception architecturale d’une grande partie des différents ensembles d’habitations est, quant à elle, l’affaire de l’architecte Fernand Pouillon. Véritable ville nouvelle, Meudon-la-Forêt offre un cadre composé de grands ensembles ponctués de bassins et de lacs artificiels, et bénéficie de la proximité de la forêt. Meudon-la-Forêt, comme beaucoup d’autres réalisations de Fernand Pouillon, est connue pour la qualité de son approche urbaine et de ses espaces extérieurs, de son architecture et de ses techniques de construction performantes. Mais c’est le mode de production du logement, tel qu’il a été mis en œuvre là sur lequel repose ce succès total jamais égalé ; et c’est ce qui est le plus original dans son oeuvre. Non seulement l’opération « Résidence du Parc » est exceptionnelle, mais elle est unique dans son parcours. La séparation des métiers et la multiplication des acteurs, toujours grandissantes depuis cinquante ans, contre lesquelles s’insurgeait déjà Pouillon, a fait passer au second plan cette formidable réussite. Qui penserait aujourd’hui qu’un architecte puisse fédérer autour de lui une équipe complète capable de réaliser une opération immobilière dans son ensemble ?

 

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L'étonnante façade des «1000 fenêtres». © Photo Didier Raux

L’étonnante façade des «1000 fenêtres». © Photo Didier Raux

 

 

Fernand Pouillon et Meudon-la-Forêt. Comment oublier celui qui donna au plateau ses dimensions, urbanistiques et architecturales? L’architecte, né en 1912, s’est fait remarquer en construisant son premier immeuble à 22 ans. Avant Meudon-la-Forêt, Fernand Pouillon compte plusieurs opérations à son actif : plusieurs cités de logements sociaux en Algérie, deux gares en Iran, ainsi que la rénovation du vieux port de Marseille. Il posera les yeux sur les terres de Trivaux en 1957. Le bâtisseur y voit immédiatement l’opportunité de se faire un nom en métropole. Pouillon dessine un programme de 6000 logements, inspiré des jardins de Versailles. Le projet qu’il voyait comme «le seul grand ensemble où la vie soit encore gaie, où les humbles sont traités en rois…» est d’abord rétorqué par Pierre Sudreau, ministre de la construction. Au retour du Général de Gaulle, Pouillon retrouve Jacques Chevallier, maire d’Alger, qui lui donne carte blanche. Mais le chantier résidence du Point du Jour à Boulogne, entraîne la faillite de sa société immobilière, le Comptoir national du logement. Pouillon est financièrement écarté du programme meudonnais, mais conserve le gros oeuvre. Il réalise la première tranche de la cité, la résidence Le Parc, achevée en 1962. Condamné en 1963, il est aussi radié de l’ordre des architectes de France. Il choisit alors de rejoindre l’Algérie, où il poursuit son oeuvre de bâtisseur. Georges Pompidou le gracie en 1971. Toutefois l’architecte ne revient pas en France avant 1984. François Mitterrand le promeut au rang d’officier de la Légion d’Honneur peu après. Fernand Pouillon s’éteindra le 24 juillet 1986 en Aveyron. Il restera l’un des grands bâtisseurs de la reconstruction française après la Seconde Guerre mondiale. L’ensemble Le Parc recevra le label «Patrimoine du XXe siècle» du ministère de la Culture en 2009. Une résidence à l’image de son créateur controversé : critiquée hier, plébiscitée aujourd’hui. Source magazine Chloroville.